Norman Bacal est l'auteur du livre Take Charge : The Skills That Drive Professional Success. Photos : Amazon et site web de Norman Bacal
Norman Bacal est l'auteur du livre Take Charge : The Skills That Drive Professional Success. Photos : Amazon et site web de Norman Bacal
Quel est le tronc commun du succès? Quelles qualités sont partagées par des personnes d’horizons entièrement différents qui ont réussi à se hisser au sommet? C’est cette réflexion qui a alimenté Norman Bacal dans l’écriture de son livre Take Charge : The Skills That Drive Professional Success.

Pour trouver des réponses, il a interviewé vingt personnes au parcours inspirant : des avocats, bien sûr, mais aussi des politiciens, des entrepreneurs ou des comptables, tous de différentes origines économiques et ethniques.

Vous cherchiez un point commun entre tous ces gens. L’avez-vous trouvé?

J’ai été agréablement surpris de constater qu’ils se rejoignaient sur plusieurs aspects, oui. L’un d’eux est que notre point de départ importe peu. Ce qui compte est d’être dévoué et de trouver le chemin qui convient réellement à notre personnalité.

Être le plus intelligent ou le plus talentueux n’est pas si important non plus. Ça peut même être un désavantage.

Vraiment? De quelle façon?

Plus on a de talent naturel, plus on est à risque de s'asseoir sur ses lauriers. On ne va pas travailler pour développer les autres talents qui nous permettraient de réussir. Ceux qui travaillent le plus fort à s’améliorer dans des domaines dans lesquels ils ne sont pas doués sont souvent ceux qui connaissent les succès les plus impressionnants.

Vous dites qu’il faut être très dévoué à sa carrière pour réussir. Est-ce à dire qu’il faut s’y consacrer entièrement, quitte à délaisser les autres sphères de notre vie?

Non, c’est tout le contraire. Il faut être bien équilibré et cultiver des intérêts en dehors de sa profession pour réussir. Le succès n’est pas plus une question de travail acharné qu’une question d'intelligence. Il s’agit d’abord de trouver la voie qui nous convient, selon notre personnalité, nos talents naturels.

Ce type de conseils est particulièrement utile pour les étudiants en droit. Diriez-vous que c’est d’abord pour eux que vous avez écrit ce livre?

Au départ, c’était le cas. J’ai donné beaucoup de conférences dans des universités et j’ai commencé à écrire avec en tête l’idée d’offrir à ces étudiants un peu de direction pour orienter leur carrière. Je souhaitais leur donner des conseils d’entrevue, car j’étais particulièrement mauvais dans ce domaine à leur âge, et leur présenter les différentes avenues disponibles dans le métier.

Puis, le livre est lentement devenu un guide s’adressant aussi aux jeunes avocats, jusqu’à leur cinquième année de pratique environ. Et, finalement, je dirais que les deux tiers du livre ne traitent pas directement de droit et peuvent intéresser n’importe quel jeune qui n’a pas encore trouvé sa voie.

Quels talents sont essentiels au succès, peu importe la voie qu’on choisit?

Le plus important est d’apprendre à se vendre. C’est d’abord une question de confiance en soi, bien sûr.

Ensuite, il faut arriver à bien communiquer. Être clair et écouter attentivement.

Puis il faut savoir donner un excellent service, en faire plus que ce qui nous est demandé.

Ces talents ne viennent généralement pas naturellement à la majorité. Mais, avec de la pratique, on peut les acquérir.

Y a-t-il des réflexes appris à l’université qui doivent être défaits une fois qu’on entame son parcours professionnel?

Ha! Oui! D’un point de vue purement pratique, je pense tout de suite à la capacité des étudiants de droit d’écrire une analyse de huit pages pour répondre à une question, qui devient vite un désavantage face à un client qui, lui, veut une réponse ferme, en un paragraphe.

Mais c’est surtout entre les deux oreilles que ça se passe. En général, les avocats sont des gens doués académiquement, qui ne sont pas habitués à l’échec. Or, tous ceux que j’ai interviewés pour mon livre ont ceci en commun : ils ont fait des choix risqués sans laisser leur peur de se tromper les paralyser.

C’est crucial. On doit apprendre à passer par-dessus notre crainte d’échouer, de faire une erreur, de passer pour un imposteur.

Quelle erreur est la plus fréquente dans un parcours?

Dire non. Refuser un défi parce qu’on ne se croit pas capable de le relever. Ces opportunités manquées peuvent nous faire passer à côté du chemin vers le succès.

Votre carrière personnelle a été parsemée de grands succès, mais aussi d’échecs. Vous dites souvent que, si on vous avait dit que vous seriez conférencier et auteur, vous auriez ri. Croyez-vous que ça vaille la peine de dresser des objectifs de carrière précis et de s’y tenir?

La réponse à cette question, c’est mon oncle Harry qui me l’a donnée sur son lit de mort, alors que j’avais 19 ans. Il m’a dit que la vie était une rivière. On peut décider de nager à contre-courant pour rejoindre une rive très intéressante ou se laisser porter par le courant et garder les yeux ouverts afin de ne pas rater les opportunités. Il m’a dit : la deuxième option est beaucoup plus simple. Et je suis assez surpris aujourd’hui de constater que, rétrospectivement, j’ai finalement suivi son conseil.

Norman Bacal est conférencier, conseiller en affaires et auteur. Il a été associé directeur chez Heenan Blaikie jusqu’à la chute du grand cabinet en 2013. Il a également été membre du conseil de direction de Lionsgate et conseiller chez Dentons. Son livre Take Charge, publié en auto-édition, est en vente sur son site web normanbacal.com.