L’avocate Emmanuelle Demers.
L’avocate Emmanuelle Demers.
Emmanuelle Demers n’aime pas vraiment parler d’elle, mais ses actions parlent d’elles-mêmes. Depuis l’obtention de ses diplômes du Barreau à l’université d’Ottawa (couronnés d’une médaille d’or) et son stage à la Cour suprême réalisé auprès de l’honorable Morris J. Fish en 2003-2004, elle n’a cessé de se distinguer dans des litiges commerciaux et civils, en droit public, ainsi qu’en arbitrage domestique et international.

« J’ai toujours été intéressée par la gestion de conflits et la découverte de nouveaux champs d’expertise. Je m’épanouis donc pleinement dans un environnement diversifié qui me permet aussi bien de m’adonner à des préparations stratégiques, qu’à des interrogatoires, des plaidoiries, des recherches argumentaires ou des négociations », résume l’avocate qui vient de se joindre au jeune cabinet NOVAlex, à Montréal.

Certains de ses dossiers, liés à des personnalités publiques, ont défrayé la chronique. Affaires de dopage dans le milieu cycliste, lanceur d’alerte victime de représailles, propos diffamatoires à l’encontre de figures du monde artistique et culturel, dénonciations ou enquêtes visant de hauts fonctionnaires et des politiciens… Me Demers gère des causes très complexes qui font intervenir des appareils décisionnels et gouvernementaux, ainsi que des experts de tous crins d’ici et d’ailleurs. Elle est aussi amenée à conseiller ses clients aux prises avec des attaques provenant des médias et des réseaux sociaux.

Le choix de causes éthiques et politiques délicates

Me Emmanuelle Demers est régulièrement sollicitée pour des cas soulevant des questions d’intégrité publique, d’atteinte à la réputation et de manquements à l’éthique.

« Ce sont des dossiers qui m’interpellent beaucoup parce qu’ils touchent à la liberté publique, à la liberté d’expression et à la réputation d’invididus ou de groupes qui ne méritent pas un tel traitement, indique l’avocate. J’ai entre autres vu des enquêtes instrumentalisées, des lois contournées pour se débarrasser de personnes jugées gênantes. Je leur apporte par conséquent mon appui à ma manière. »

Et cet appui n’est pas modeste, puisque Me Demers considère comme naturel de mettre son expertise et son talent au service de personnes issues de tous les milieux, dont certains n’ont pas automatiquement les moyens d’avoir accès à la justice. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduite à mettre sur pied, pour son projet final de MBA, une entreprise fictive mêlant consultation de haut niveau et implication sociale.

« C’est ce qui m’amène aussi aujourd’hui à intégrer les rangs de NOVAlex, un cabinet avec lequel je partage la même vision professionnelle et humaine », souligne l’avocate, qui réalise du bénévolat sur une base hebdomadaire depuis son enfance. « Chez NOVAlex, l’engagement juridique pro bono est quotidien, ce qui me touche », dit-elle.

Enjeux juridiques en intelligence artificielle

Ce sont ces mêmes valeurs personnelles, ainsi que sa soif de connaissances, qui ont guidé Emmanuelle Demers vers un nouveau champ d’expertise, celui des technologies disruptives. Au cours de son MBA, elle a en effet commencé à s’intéresser à l’impact de la robotique et de l’intelligence artificielle sur la pratique du droit, des services juridiques et de l’accès à la justice. Puis, elle s’est engagée dans un doctorat portant sur les problématiques éthiques et juridiques soulevées par les systèmes décisionnels algorithmiques et la gouvernance de l’intelligence artificielle.

« C’est un sujet fascinant, admet-elle. Je dispose de deux directeurs de thèse, un spécialiste en éthique et un juriste, et je fais aussi partie de deux groupes de réflexion, Algora Lab et Al Global, qui me permettent de traiter des enjeux juridiques et éthiques dans ce secteur d’activités. »

Ce domaine d’études ajoute bien sûr une corde à l’arc de l’avocate, qui accompagne des entreprises technologiques souhaitant s’assurer, par exemple, que leurs créations ne sont pas biaisées et respectent les normes de transparence, d’intégrité et d’inclusion de la société.

« L’intelligence artificielle est également intéressante parce qu’elle peut changer notre pratique juridique et la rendre plus accessible, ajoute Me Demers. Des outils d’analyse prédictive et de révision documentaire pourraient nous faire gagner beaucoup de temps et d’énergie, et du même coup faciliter l’accès à la justice et simplifier les démarches juridiques d’un certain nombre de personnes. »

Une fois encore, la femme engagée n’est jamais bien loin. Emmanuelle Demers prouve par l’exemple qu’on peut à la fois être une avocate de haut calibre et afficher ses valeurs.

Inspirant, n’est-ce pas?