Me Denis Boucher poursuit Theratechnologies Inc. Sources: LinkedIn et site web de Theratechnologies Inc.
Me Denis Boucher poursuit Theratechnologies Inc. Sources: LinkedIn et site web de Theratechnologies Inc.
Me Denis Boucher poursuit Theratechnologies Inc. pour l’avoir licencié en ne lui offrant qu’une indemnité de départ partielle.

Après plus de trois ans et demi à la vice-présidence des communications et affaires corporatives, la direction de la compagnie biopharmaceutique l’a licencié le 18 août dernier. Le demandeur leur reproche de l’avoir humilié le jour même et de ne lui pas avoir offert une indemnité de départ adéquate.

« Le licenciement du demandeur par la défenderesse est survenu malgré de longs états de service avec tous les présidents de l’entreprise depuis plus de 22 ans », est-il mentionné dans la demande introductive d’instance déposée à la Cour supérieure au début du mois.

Âgé de 56, Me Boucher reproche à la défenderesse de l’avoir licencié subitement alors qu’il avait « laissé sa carrière d’avocat pour accepter le poste qui lui était offert au sein de l’organisation ».

Il demande 384 543 $ à titre d’indemnité de départ.

Me Doug Mitchell et Me Mathilde Couture du cabinet IMK s.e.n.c.r.l. représentent le demandeur dans cette affaire.

Retour sur les faits

Me Boucher œuvre depuis 1986 dans le secteur des communications, du journalisme et du droit.

De 1986 à 1991, il a travaillé en tant que journaliste à Radio-Canada. De 1995 à 1999, il a travaillé en tant qu’attaché de presse à Merck. Puis pendant plus de 15 ans, il a travaillé à titre d’associé au cabinet national des relations publiques. De 2016 à 2017, il a pratiqué à titre d’avocat chez Therrien Couture Avocats.

Me Doug Mitchell et Me Mathilde Couture du cabinet IMK s.e.n.c.r.l.
Me Doug Mitchell et Me Mathilde Couture du cabinet IMK s.e.n.c.r.l.
En janvier 2018, il a été embauché par Theratechnologies Inc. à titre de vice-président communications et affaires corporatives.

Pendant trois ans, il a reçu des bonus et des augmentations salariales annuelles grâce à son « grand professionnalisme » et son « dévouement » au sein de l’entreprise.

À la suite du départ à la retraite du président Luc Tanguay, un nouveau patron a été nommé par le conseil d'administration en mars 2021.

Depuis, la situation se serait « détériorée » avec le retrait et transfert de certaines tâches et responsabilités du demandeur à d’autres collègues comme la mise à jour des politiques, les congédiements et la préparation des dossiers financiers sans le « consulter ou obtenir son avis ».

En août dernier, le nouveau président et le vice-président des ressources humaines lui ont annoncé l’abolition de son poste, lors d’une rencontre d’évaluation trimestrielle.

« Cette partie de la rencontre dura tout au plus trois minutes. Le nouveau président quitta la salle de réunion et le vice-président des RH l’informa concernant l’offre de l’indemnité de départ et lui indiqua qu’au terme d’une rencontre avec une conseillère en réorientation de carrière, il était invité à immédiatement quitter les lieux », est-il souligné dans la demande.

Après cette rencontre, il aurait pris quelques effets personnels sur son bureau puis aurait été raccompagné à l’entrée par les représentants. On l’aurait invité à prendre le reste de ses affaires plus tard, hors des heures du bureau.

« Les représentants de la défenderesse ne laissèrent le demandeur ni terminer sa journée de travail, ni saluer ses collègues, ni même prendre le temps de rassembler ses effets personnels », est-il précisé dans le document de cour.

Selon la demande, il aurait reçu une offre d'indemnité équivalent à 12 mois de salaire soit 260 347 $ moins les déductions fiscales applicables et incluant le maintien des assurances collectives pendant deux mois et l’accès à une ressource en réorientation de carrière pendant six mois.

La demandeur a refusé cette proposition et aurait tenté de la négocier jugeant « qu’elle était insuffisante tenant compte des circonstances en l’espèce notamment du poste occupé, de l’âge du demandeur et de la rareté de ce poste à Montréal et ailleurs au Canada ».

Finalement, la compagnie aurait mis fin aux discussions en septembre 2021. De plus, elle aurait arrêté de couvrir ses assurances collectives et de lui fournir de l’aide pour le réorienter professionnellement. Elle lui aurait envoyé un « chèque représentant une année de salaire de base moins les déductions applicables ».

Il réclame ainsi les 18 mois du salaire annuel incluant les augmentations et les bonus annuels.

Contactées par Droit-inc, les parties impliquées n’ont pas souhaité émettre de commentaires.