Me Joey Zukran, de LPC Avocat inc a déposé la requête contre Lightspeed.
Me Joey Zukran, de LPC Avocat inc a déposé la requête contre Lightspeed.
Une demande d’action collective a été déposée à la Cour supérieure contre Lightspeed, une entreprise spécialisée dans le commerce en ligne. C’est ce que confirment des documents judiciaires consultés par Droit-inc au palais de justice de Montréal.

La requête a été déposée le 1er octobre dernier par Me Joey Zukran, de LPC Avocat inc. Les investisseurs qui estiment avoir été lésés par l’entreprise sont précisément les personnes visées par le Barreau 2016 : ils seront automatiquement inclus dans le recours collectif, s’il est autorisé par la Cour supérieure.

« Le 30 septembre 2021, le cours de l'action de Lightspeed a perdu plus de 15 % (représentant plus de 2 milliards de dollars de valeur actionnariale), comme le rapporte un article de CBC News intitulé "Canadian tech firm Lightspeed walloped by short-seller attack” (...) », indiquent par exemple les documents judiciaires.

Ces pertes font suite à un rapport de la firme new-yorkaise Spruce Point, lequel est très critique envers l’entreprise spécialisée dans le logiciel de point de vente.

Joint par Droit-inc, Lightspeed a décliné notre demande d’entretien. D’abord joint par Droit-inc, Me Zukran n’a pas non plus donné suite à nos demandes d’entretien.

Un rapport accablant et une réplique de Lightspeed

Le rapport Spruce Point Capital Management LLC a été rendu public le 29 septembre dernier. Consulté par Droit-inc, il est loin d’être tendre envers Lightspeed.

Il reproche notamment à l’entreprise d’avoir exagéré ses résultats à l’approche de son entrée en Bourse. Lightspeed aurait notamment gonflé de 85 % son nombre de clients et de 10 % son volume de transaction.

« En raison des nombreux changements apportés à son revenu moyen par utilisateur, de sa résilience face aux pertes de revenus et de l'amélioration de ses jours de ventes (NDLR : Days Sales Outstanding en anglais) pendant le pic de la COVID-19 alors que ses clients restaurateurs et détaillants subissaient des pressions et de subtils changements comptables, nous remettons en question la qualité des revenus de (Ligthspeed) (notre traduction) », indique par exemple le rapport de la firme new-yorkaise.

Dans un communiqué publié le jour même, l’entreprise montréalaise affirme au contraire que le rapport de Spruce Point contient plusieurs « inexactitudes ». Lightspeed met aussi en doute la crédibilité de la firme new-yorkaise, en plus de contester ses conclusions.

« Le rapport contient un grand nombre d'inexactitudes importantes et d'interprétations erronées qui, selon Lightspeed, sont trompeuses et clairement destinées à profiter à Spruce Point. Spruce Point a elle-même révélé qu'elle pourrait tirer profit d'une éventuelle baisse du cours de l'action de Lightspeed », indique le communiqué de l’entreprise.

Le rapport de 125 pages a été rédigé par Ben Axler, fondateur de Spruce Point.