Question

Est-il risqué de mentir sur un cv ou croyez-vous que ça peut passer si le mensonge est bien camouflé? Avez-vous déjà démasqué un « fraudeur »?

Merci


Réponse

Poser la question, c’est y répondre. Une information fausse, aussi bien camouflée soit-elle, reste fausse. Et comme le dit si bien le dicton : « tout finit par se savoir ».

Vous devez toujours garder en tête que vous avez sûrement fait circuler un CV auparavant. La très grande majorité des entreprises, des cabinets d’avocats de même que les firmes de recrutement gardent les candidatures reçues, souvent pour des périodes allant jusqu’à plusieurs années. Il sera alors risqué de falsifier votre CV, une copie antérieure se trouvant peut-être entre les mains de l’employeur potentiel. Toute information ayant été modifiée sera alors aisément repérable.

De plus, l’information est de plus en plus accessible grâce à internet. Les recherches sont de ce fait très peu coûteuses et rapides. Les employeurs sont donc plus enclins à les effectuer. Aussi, dites-vous que les références sont vérifiées beaucoup plus souvent qu’on le pense.

Vous l’avez probablement constaté, le milieu juridique est un très petit monde. Les gens se côtoient régulièrement et entretiennent un réseau de contacts assez développé. Il est donc très facile d’imaginer un employeur potentiel donner un coup de fil à un ancien collègue ou à une connaissance du temps des études pour s’enquérir si telle personne a supposément travaillé ou étudié à tel ou tel endroit. Vous seriez alors démasqué et les conséquences pourraient être fâcheuses. Vous ne désirez certainement pas être étiqueté comme un menteur ; ce n’est pas la meilleure manière d’obtenir une entrevue et encore moins de débuter une relation durable.

Je ne vous dis pas de vous montrer sous votre jour le plus sombre. Il est clair que vous pouvez fournir l’information de manière plus « vague ». Si vous avez échoué certains cours dans un premier temps avant de les réussir par exemple, vous n’avez pas à le mettre dans votre CV. Mais si vous vous faites poser la question, répondez honnêtement, ce sera toujours la meilleure chose à faire pour ne pas vous embourber dans des explications peu crédibles et éventuellement vous contredire. Vous pouvez aussi faire ressortir de manière claire les informations qui mettent en valeur votre candidature. De cette manière, l’attention sera reportée sur les aspects positifs de votre profil et il est probable que vous n’aurez pas à vous expliquer à n’en plus finir sur certaines expériences moins reluisantes.

Concernant votre deuxième question, il nous est arrivé de démasquer certains « fraudeurs ». Comme je le mentionnais, un passage dans une entreprise ou dans un cabinet d’avocats doit apparaître sur votre CV, aussi bref et désagréable soit-il. Nous avons à certaines occasions reçu des CV mis à jour qui différaient de la version antérieure que nous possédions déjà. Une expérience de six mois avait été retirée par exemple. Une formation apparaissait comme complétée bien que seulement une session ait été dans les faits menée à terme.

Vous me direz que se ne sont là que des « pieux mensonges » qui ne sont pas d’une importance majeure et qui ne discréditent pas votre candidature. Il n’y a malheureusement pas de petits mensonges, il n’existe que des mensonges. Comment croyez-vous être à même de développer une relation de confiance avec votre employeur lorsque le premier contact est basé sur des bases aussi peu solides?


Au plaisir.

Jean-François Théorêt


La Question Carrière

Chaque semaine, tour à tour, les recruteurs juridiques Caroline Haney et Jean-François Théorêt répondent à une question posée par vous chers lecteurs.

La Question Carrière de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes du moment qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Pour participer, rien de plus simple, inscrivez votre question dans le formulaire situé ici. Et voilà, le tour est joué!