Julien Cabanac. Source: LinkedIn
Julien Cabanac. Source: LinkedIn
Récemment diplômé de l’Université de Sherbrooke, Julien Cabanac a laissé sa toge d’avocat pour le droit notarial.

À 53 ans!

« Je voulais toujours rester un professionnel en droit mais plus comme avocat. Donc, la voie toute désignée était le notariat. Et pour être notaire, on n'a pas le choix de recommencer à faire une maîtrise en droit notarial », raconte-t-il dans une entrevue accordée à Droit-inc.

Cette année, il empoche son cinquième diplôme ce qui lui a permis de changer de profession.

Diplômé en microbiologie et en droit civil de l’Université de Sherbrooke, il a déjà obtenu une maîtrise et un doctorat en droit à l’Université d’Ottawa.

Un changement qui était dû

Après plus de 25 ans de pratique en droit civil et commercial, Me Cabanac a choisi de se réorienter en droit notarial, car la surcharge de travail et la pression du métier étaient trop fortes.

« C’est difficile de pratiquer le métier d’avocat parce qu’il y a beaucoup de stress. L’avocat doit rendre des comptes à ses collègues, aux juges et à ses clients dans des délais souvent très courts. Il doit exercer une profession sans faille, être un surhomme. Ça a fini par m’user et je n’avais plus de plaisir à travailler », explique-t-il.

De 2013 à 2020, il travaillait au cabinet Gaudet Cabanac Avocats inc. à titre d’avocat-associé et médiateur. Il a aussi acquis de l’expérience en travaillant pour Gaudet Galipeau Parcel Avocats pendant cinq ans et pour Paul-Claude Bérubé Avocats pendant plus de deux ans.

Après toutes ces années de pratique, sa santé mentale et son bien-être n’ont pas tenu le coût. Il se dit chanceux d’avoir été bien entouré par sa famille, ses collègues et proches.

Mais sa transition en droit notarial n’a pas été facile, car M. Cabanac a dû repartir à zéro. Cela ne l’a pas empêché d’ouvrir un nouveau cabinet à Granby. Étant bien implanté dans la région depuis plusieurs années, il ne manque pas de clients.

« Être avocat faisait partie de mon identité. J’ai dû faire un deuil en m'appropriant progressivement les nouvelles fonctions en tant que notaire », précise-t-il.

Présentement à la recherche d’une adjointe juridique, Julien Cabanac souhaite continuer à pratiquer encore pendant une dizaine d’années.

Un système judiciaire surchargé

Les avocats souffrent de plus en plus de problèmes de santé mentale comme l’épuisement professionnel, la dépression, la fatigue, etc. Le Barreau offre des services et formations pour les aider. Mais cela ne serait qu’une solution parmi d’autres.

Le nouveau notaire a analysé les enjeux touchant le système juridique et pense que le problème provient de la base. Le système judiciaire serait surchargé et la compétition prendrait le dessus, délaissant ainsi l’esprit d’équipe et l’entraide entre avocats.

D’après lui, les juges sont plus durs envers les avocats et leur en demandent plus lors des audiences.

« On vit dans une société technique où les valeurs sont la rapidité, l'efficacité et l'invention. Et le système judiciaire n'en échappe pas. Les tribunaux essaient de rendre le système de justice plus efficace. Cette pression est mise sur les juristes. On a plus de formulaires à remplir et il faut le faire rapidement. Résultat ? Avec une pénurie de main-d'œuvre et des dossiers qui s’empilent, les professionnels ont de la misère à garder la tête hors de l'eau », mentionne le notaire.

En effet, les palais de justice souffrent d’une pénurie de main-d'œuvre et les juristes accumulent les dossiers. Néanmoins, une solution possible se trouverait dans les systèmes parallèles de résolution de conflits.

« La médiation et l’arbitrage seraient des solutions à long et court termes et cela permettrait de désengorger le système. (...) Il faut qu’il y ait des personnes qui aident les citoyens à régler leurs différends. Ces systèmes sont déjà en place mais il en faudrait plus », conclut-il.