Martine Burelle, la fondatrice du cabinet burELLE. Source: LinkedIn
Martine Burelle, la fondatrice du cabinet burELLE. Source: LinkedIn
Le cabinet burELLE soufflait cet été sa troisième bougie.

Droit-inc s’est entretenu pour l’occasion avec Martine Burelle, la fondatrice du cabinet. Elle a fondé burELLE en juin 2018 après avoir passé six ans chez Bélanger Sauvé.

Voici ce qu’elle avait à nous dire.

Que ressentez-vous maintenant que vous avez souligné le troisième anniversaire de votre cabinet ?

Un grand soulagement. À nos débuts, on ne savait pas vraiment dans quoi on s'embarquait, on ne savait pas si ça allait marcher. Cette année, c'est particulièrement spécial, parce qu'on souffle nos trois bougies en ayant maintenant trois employés. Nous avons triplé nos effectifs au cours des dernières années. En plus je suis désormais vice-présidente de l’ABC-Québec… Ça fait beaucoup, et c’est très positif (rires) !

Comme vous le mentionnez, il se passe beaucoup de choses. Avec quelques avocats, avez-vous peur de vous sentir débordée par moments ?

C'est une peur qu'on a eue au cours de la dernière année. Comme tout le monde, on a vécu un petit ralentissement dans les premiers mois de la COVID.

C'est comme s'il y avait seulement deux vitesses : quand c’est reparti, c’est reparti très rapidement. Les mois de janvier, de février et de mars ont vraiment été très intenses au bureau.

En janvier, nous avions un employé à temps partiel, Me Zacharie Barabé-Desrosiers, qui poursuivait à l’époque ses études à la maîtrise. J'essayais toujours de lui ajouter un peu d'heures chaque semaine, jusqu’en mars, lorsque j’ai réalisé que nous ne pouvions pas continuer comme ça.

Nous avons fait le saut dans le vide en engageant Zacharie à temps plein. Maintenant, cette peur-là, on la contrôle (rires). D’avoir de l’aide, comme ça, ça change toute ma vie. J’aurais dû le faire bien plus tôt.

Vous voyez donc une différence importante ?

Tout à fait. Je vois la différence au quotidien… D’autant que mes conditions de vie s’améliorent ! On dit à la blague que l'entrepreneuriat, c’est beaucoup de travail ! Et c’est vrai ! Je ne peux pas démentir ça.

J'ai recommencé à récupérer mes journées de congé. Je suis allé en vacances au mois d'août, pendant une semaine. On est en production tout en conciliant “travail” et “qualité de vie”.

De former de jeunes avocats, c’est beaucoup de travail, mais je le faisais un peu à mon ancien cabinet. Et chaque heure investie en eux nous est rendue par la suite. C’est un plaisir, surtout lorsque je les vois gagner en autonomie.

Beaucoup de travail en perspective, donc. Vous avez été à l’emploi de Bélanger Sauvé pendant six ans. Qu’est-ce qui vous a poussé à partir à votre compte ?

Ça faisait deux ans que j'étais associée quand je suis partie. J'avais une meilleure vision, à ce stade-là, de ce que signifie la gestion d’un cabinet d’avocat.

J'avais beaucoup d'idées sur le développement des affaires, le développement de ma carrière, l'image de bureau, l'image corporative. Ce sont des sujets dans lesquels je désirais m’impliquer et faire les choses à ma façon. Mais ce n'est pas nécessairement possible quand on travaille dans de grosses structures comme celle-là (Bélanger Sauvé, NDLR). Leur force, c'est justement leur grosseur, mais des fois, pour quelqu'un qui essaye de faire sa place, qui veut faire les choses à son image, c'est plus difficile.

J'avais une vision de ce que je voulais faire, mais elle ne fonctionnait pas forcément avec le cadre d’un grand cabinet. C’est devenu évident pour moi que la formule d’un cabinet boutique me convenait beaucoup mieux. Et, à cet égard, j’avais raison !

Au cabinet, mon conjoint est directeur général du bureau. Il s'occupe du développement et du marketing. Nous avons mis en place ma vision avant de lancer le bureau. Nous avons beaucoup plus de liberté, par exemple sur la façon dont nous nous exprimons sur les médias sociaux ou encore sur les événements auxquels je peux participer. Nous pouvons aussi prendre des décisions rapidement quand c’est requis. En ce moment, on récolte le fruit de nos efforts des trois dernières années, ça fonctionne très bien.

Après trois ans, comment définissez-vous la vision de burELLE avocate ?

Nous faisons du droit, mais nous élaborons aussi beaucoup de stratégie d’affaires. Ça peut sembler étrange, dans la mesure où nous représentons des municipalités, mais c’est ainsi que nous voyons les choses.

De plus en plus, nous consultons en amont nos clients afin de nous assurer de bien faire les choses. Je fais beaucoup d’analyse de risques, j’établis des stratégies, vraiment à l’avance. C’est quelque chose dont nous sommes reconnus. On a une structure sur le plan de la facturation qui est très raisonnable. Nous sommes beaucoup axés sur le règlement. Nous incitons nos clients à participer à des séances de conciliation, et nous avons un beau niveau de règlement hors cour. Nous avons des avocats juniors, mais ils n’ont pas d’objectif de facturation. Ils peuvent se concentrer sur l’apprentissage du métier… Ce qui signifie aussi que nos clients ne sont pas facturés en double pour la formation des jeunes.

Où voyez-vous burELLE dans cinq ans ?

Nous représentons beaucoup de villes, de municipalités et de sociétés de transport. Dans les cinq prochaines années, j’aimerais que le cabinet puisse continuer d’évoluer auprès des instances publiques. Nous pourrions par exemple commencer à œuvrer auprès du milieu de la santé, pour différents hôpitaux et commissions scolaires.