Autrefois anciennes adjointes, aujourd’hui spécialistes à part entière, les parajuristes ont répondu à toutes nos questions.

Quarante cinq professions sont régies par un ordre professionnel au Québec. Celle de parajuriste n’en fait pas partie.

« Ce n’est pas anormal car nous travaillons toujours sous la supervision d’un avocat », dit Geneviève Forget, parajuriste chez Stikeman et présidente de l’Association Canadienne des parajuristes (CAP).

Reste que les parajuristes ont voulu s’organiser. Leur association, qui fêtera ses 30 ans en mai prochain, veut promouvoir la profession et améliorer la pratique de ses 800 membres, dont au moins 450 au Québec.

A l’instar de l’ordre des avocats du Québec, la CAP a lancé un programme de formation continue pour proposer des conférences et des ateliers pratiques. Les cours permettent une mise à jour ou fournissent l’occasion de se spécialiser. Pour Madame Forget, c’est là, résolument, que réside l’avenir de la profession, qui devient de plus en plus technique.

Dans les grands bureaux, depuis quelques années, les professionnels sont devenus des experts dans une matière. Si la majorité exerce en corporatif, le litige, le bancaire, l’immobilier, le droit du travail et la propriété intellectuelle sont également de gros centres d’activités pour les parajuristes.

« La profession évolue en même temps que la société », dit Geneviève Forget. Ainsi, ces professionnels sont même recherchés dans de nouvelles disciplines juridiques, comme le droit de l’environnement.

N’étant pas réglementée, la profession était jusqu’a récemment l’évolution logique de la fonction de secrétaire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les jeunes recrues doivent, en pratique, être titulaires d’un DEC en techniques juridiques ou d’un certificat en droit.

Il demeure néanmoins des exceptions. Le métier de parajuriste peut attirer des avocats en recherche d’une carrière moins exigeante, en termes d’horaires et de responsabilité. La profession de parajuriste leur offre cette alternative sans couper avec le droit, avec à l’appui un niveau de rémunération intéressant.

La rémunération varie selon l’expérience, la spécialisation, le niveau de bilinguisme. Une parajuriste sans expérience qui fait ses premiers pas peut toucher autour de 35 000$ par an dans un petit bureau ou une entreprise. Mais une parajuriste senior, responsable d’une équipe de 3 ou 4 professionnels dans un grand bureau, peut facilement commander un salaire de 100 000 dollars et plus. La grande majorité des parajuristes gagne toutefois entre 50 000 et 60 000$ annuellement, rappelle Joanne Dumas, de Jurissec.