La coach de jeu Liane Simard. Source: Encoaching.ca
La coach de jeu Liane Simard. Source: Encoaching.ca
Récemment, Droit-inc. a interviewé une avocate criminaliste, qui a connu une carrière de chanteuse et bassiste dans des groupes de rock, qui expliquait à quel point le trac avant de monter sur scène est similaire au trac que l’on ressent avant de plaider.

« Quand tu plaides, c’est comme si tu étais sur une scène. J’écris mes plaidoiries, mais c’est impossible de garder le script. Chaque plaidoirie vient avec de l’inattendu. Tu dois garder le contrôle, comme sur scène lors d’un spectacle, même si là c’est du divertissement », explique Me Cynthia Lacombe, de BMD Avocats.

Alors, comment garder le contrôle et éviter de se laisser dévorer par le trac ?
On a demandé à une coach en prise de parole et spécialiste de la gestion du stress, Liane Simard, ses astuces pour utiliser le trac au lieu de le subir.

Réappropriez-vous votre corps

Le premier conseil que donne celle qui compte parmi ses clients autant des comédiens que des gens du milieu des affaires est de se réapproprier son corps et d’être dans le moment présent.

« Quand on a le trac, on est dans le futur », soutient Liane Simard.

Elle conseille quelques exercices de respiration profonde pour retrouver le contrôle de votre corps en gonflant le ventre lors de l’inspiration, pour ensuite faire le vide lors de l’expiration. L’objectif est d’engager le diaphragme pour se recentrer.

Ancrez-vous dans le sol

Les deux pieds bien ancrés au sol, votre poids bien réparti sur les deux jambes, vous vous sentirez plus solide pour plaider. En contrôlant votre position physique, vous vous sentirez adulte dans votre corps et lutterez plus efficacement contre les peurs de votre enfant intérieur, celui qui a peur de parler en public, ou peur de bafouiller.

Pour sortir de votre tête, Liane Simard conseille l’exercice de la marche du soldat, que vous pouvez pratiquer dans la salle de bain du Palais de justice avant de plaider. C’est simple : taper du talon par terre, sur place ou en avançant, en imitant un soldat qui marche, afin d’éveiller votre corps et de vous mettre dans un état d’esprit d’action. On vous regardera peut-être de travers, mais vous clouerez le bec à votre hamster mental.

Chassez les pensées négatives

La préparation mentale est essentielle pour gérer le trac et le transformer en énergie positive. Chassez vos pensées négatives, celles qui vous disent que vous risquez de vous tromper, d’échouer. Trouver une phrase pour vous rassurer, conseille la coach. Vous connaissez bien votre dossier et vous le savez.
Concentrez-vous sur vos forces.

Rappelez-vous de votre objectif pour transformer votre appréhension en trac positif. Pourquoi plaidez-vous? Vous en avez envie, vous avez peut-être même hâte de défendre le dossier sur lequel vous travaillez.

« Quand on se laisse gagner par le trac, on laisse nos peurs personnelles prendre le dessus. Il faut transférer cette énergie vers l’objectif principal de la prise de parole, et non vers soi », indique Liane Simard.

Maîtrisez vos mouvements

Forcez-vous à faire des mouvements lents et précis, respirez lentement afin de garder votre calme et la maîtrise de votre corps, explique Liane Simard. Évitez les excitants, le café et le chocolat (et oui!), ainsi que le jus d’orange qui crée trop de salive…

Préparez votre physique et votre mental

« Comme pour un athlète, il ne faut pas prendre à la légère la préparation en amont », insiste la coach. Mangez bien, mais pas trop. Évitez l’alcool qui peut rendre émotif. « On ne sait jamais comment une personne qui a le trac va réagir sous l’effet de l’alcool », explique Liane. La veille de votre plaidoirie, essayez de pratiquer une activité physique (course à pied, natation) pour vous vider la tête et bien dormir.

N’ayez pas peur de faire des erreurs

La peur de bafouiller ou de faire des erreurs va entraîner une pression de performance qui peut être paralysante. Accordez-vous le droit à l’imperfection pour plus de sérénité dans votre plaidoirie. Et vous pourriez bien vous dépasser !