La Cour accueille en partie l’action du demandeur et condamne M. Sormany à payer la somme de 22 000 $ à titre de compensation pour le préjudice moral causé, un montant nettement inférieur à celui réclamé.

Pierre Sormany en compagnie de son avocate Julie Chenette
Pierre Sormany en compagnie de son avocate Julie Chenette
En septembre dernier, Pierre Sormany avait écrit sur le mur Facebook d’une journaliste au sujet de Jean Lapierre : « Ancien politicien et animateur-choc de TVA et LCN, mais qui offre aussi ses services-conseils en relations publiques et qui a parmi ses clients nul autre que son “ami” l'entrepreneur Antonio Accurso ».

Jean Lapierre avait par la suite entamé une poursuite en diffamation contre M. Sormany, lui réclamant 250 000 $ de dommages compensatoires et 100 000 $ de dommages punitifs, pour un total de 350 000 $.

Dans un jugement émis jeudi, le Tribunal indique que M. Lapierre n’a perdu ni son honneur ni sa réputation, mais que « l’un et l’autre ont néanmoins été entachés. Un préjudice a donc été causé à Lapierre qui appelle une compensation ».

Au sujet des propos de M. Sormany, « le Tribunal en conclut que ces propos étaient diffamatoires et fautifs. Donc illicites », peut-on lire dans le jugement.

Le Tribunal estime également « que Sormany, en ne procédant pas à des vérifications préliminaires, ne s’est pas comporté en homme raisonnable et a, dans la partie de son commentaire du 26 septembre déjà citée, diffamé Lapierre en tenant des propos qui vont au-delà de ce que la liberté d’expression autorise ».

Jacques Jeansonne, l'avocat de Jean Lapierre
Jacques Jeansonne, l'avocat de Jean Lapierre
De plus, le juge Michel Yergeau, de la Cour supérieure, estime que « Sormany ne tient pas ce propos en tant que journaliste à l’emploi de la Société Radio-Canada, mais à titre personnel. On ne peut toutefois mettre de côté sa profession et son expérience dans l’appréciation globale du contexte dans lequel ces propos ont été tenus. Le moins qu’on puisse dire est qu’on se serait attendu à plus de rigueur de la part d’un journaliste de tant d’expérience même s’il exprimait des propos de nature privée, comme il le prétend ».

Le jugement indique toutefois que « M. Sormany n’a pas agi de manière intentionnelle au sens de la loi », et c’est pourquoi le tribunal n’accorde pas de dommages punitifs.

Joint par téléphone jeudi après-midi, Jean Lapierre s’est montré satisfait du jugement.

« Je suis heureux que la Cour ait répudié les propos diffamatoires de M. Sormany, et en le condamnant à me payer compensation, la Cour affirme qu’on ne peut pas écrire des faussetés sur les réseaux sociaux sans en être responsable », a-t-il commenté.