À 33 ans, Me Christine Charpentier ne pensait pas qu’elle serait confrontée à autant de difficultés pour trouver un emploi dans la ville dont elle est tombée amoureuse.

« Pour moi qui viens de Paris, une ville très, voire trop, animée et trop stressante, j’ai l’impression d’être dans une ville plus petite, plus conviviale, mais en ayant tout de même accès à toute la culture », dit l’avocate trilingue, français-anglais-espagnol.

Christine Charpentier cherche un emploi d'avocate à Montréal sans y parvenir
Christine Charpentier cherche un emploi d'avocate à Montréal sans y parvenir
Mais, depuis janvier 2012 et une bonne dizaine d’entrevues - dont deux au Cirque Eloize pour du service juridique pluridisciplinaire et une entrevue chez Blakes pour un poste de parajuriste finalement comblé à l’interne - c’est le calme plat.

Plusieurs choses, selon elle, expliquent ses difficultés à se faire une place sur le marché du travail québécois.

« On passe une équivalence, qui est un examen de déontologie, mais on ne reprend pas de cours en droit québécois, ce qui rend un peu frileux les cabinets et compagnies québécoises. Et ce, même si j’ai travaillé deux ans, que j’ai l’expérience des dossiers, et rencontré les clients », dit ce Barreau du Québec 2011.

Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer : réseautage intensif, 5 à 7 de l’Association du Jeune Barreau de Montréal, cocktails de la Chambre de commerce latino-américaine où, dit-elle, « il est plus facile de rentrer en contact avec des gens qu’à l’AJBM ». Elle tape à toutes les portes.

« Beaucoup de mes amis me réfèrent à des avocats, qui envoient à leur tour mon CV à leurs contacts, explique-t-elle. J’ai également rencontré des personnes spécialisées dans la recherche d’emploi qui m’ont dit que j’avais les bonnes méthodes de recherche. »

Alors, qu’est-ce qui explique la frilosité des employeurs montréalais ?

« Ce que j’ai envie de dire aux recruteurs ? Donnez-moi ma chance… Je sais de quoi je suis capable, je connais mes compétences », assure-t-elle.

S'intégrer sur le marché du travail

En tout, l’avocate cumule quatre années d’expérience juridique, dont une sur le sol québécois.

Depuis 2009, elle fait partie de l’Association des avocats français du Québec (AAFQ). Le but de cette association, dit-elle, est « d’aider ceux qui arrivent, à s’intégrer sur le marché du travail ».

« J’ai fait quelques mandats à droite à gauche pour des amis, dont un récent en immigration qu’on m’a référé via l’AAFQ », ajoute-t-elle.

Elle a passé l’examen d’équivalence de l’ARM en septembre 2010. La naissance d’une petite fille plus tard, Me Christine Charpentier n’abandonne pas son combat.

L'avocate envisage d’ores et déjà de se mettre à jour sur le plan du droit québécois via des cours à la carte dispensés par l’Université de Montréal.

Dans le domaine de l’immigration, elle connaît le droit québécois. En litige, elle connaît la théorie, « après il va falloir que je travaille concrètement pour les apprendre sur le terrain », reconnaît-elle.

« Je suis très travailleuse, j’aime m’investir à fond dans les choses », déclare celle qui aimerait bien intégrer un cabinet comme Robic, ou des services juridiques ou contentieux de compagnies, ainsi que des cabinets de toute taille.

De plus en plus d'avocats français

Les avocats français à Montréal ? Un phénomène qui ne va pas s’arrêter selon elle.

« Il y a de plus en plus de français qui viennent ici, qui passent l’ARM… Mais je ne pensais pas avoir autant de difficultés. C’est dur de se vendre lorsqu’en entrevue on nous répond : vous n’avez pas fait votre droit ici". »

Pourtant, elle a déjà fait ses armes pendant deux ans à Paris chez Manseau Associés où elle gérait divers dossiers et actes de procédure. « J’ai aussi plaidé plus d’une vingtaine de fois », confie-t-elle.

Elle possède également deux années d'expérience en droit de l'immigration canadienne à Montréal : dix mois à titre de parajuriste chez Paul Asselin, dix mois comme parajuriste en immigration chez BCF.

Actuellement, elle est conseillère juridique et administrative chez Cicame Energie à Saint-Hubert depuis trois mois. Elle offre ses conseils en matière de propriété intellectuelle et immigration, se charge du développement de la compagnie au niveau marketing et communication.

Cependant elle cherche toujours un poste d’avocate montréalaise. Alors, intéressés ?