Selon Serge Pourreaux, le gouvernement était au courant des coûts de construction
Selon Serge Pourreaux, le gouvernement était au courant des coûts de construction
Devant la Commission Charbonneau jeudi, M. Pourreaux a relaté en avoir personnellement parlé à plusieurs cadres et sous-ministres adjoints, et s'être fait répondre: "nous, on finance, c'est la Ville qui a le problème et c'est un problème politique".

Par l'entremise du programme tripartite de financement des infrastructures, Québec distribuait également les fonds fédéraux, en plus de sa propre part, donc les deux tiers du financement des projets à Montréal, a rappelé M. Pourreaux.

L'ancien directeur de l'approvisionnement a également attribué son départ, celui de l'ancien directeur général de la Ville Robert Abdallah et du directeur du Service des services administratifs Guy Hébert à la résistance qu'ils ont rencontrée en voulant changer les choses à la Ville de Montréal. Et il a montré du doigt l'ancien président du comité exécutif Frank Zampino.

M. Pourreaux a raconté ses deux années et demie de démarches pour "optimiser" les approvisionnements à Montréal, comme regrouper les achats avec les arrondissements, et pour améliorer les façons de faire dans le but de réduire les coûts.

Son plan d'optimisation, basé sur un rapport de 2004, devait permettre d'économiser de 45 à 50 millions $.

Il s'est buté à de la résistance du côté des arrondissements, par exemple, qui invoquaient leur autonomie et qui disaient privilégier l'achat local, a-t-il raconté. Le service des travaux publics était également réticent, a-t-il dit.

La démarche d'optimisation cheminait depuis deux ans et demi quand soudainement, il a appris le départ de Guy Hébert, qui soutenait la démarche à ses côtés.

Puis son successeur a informé M. Pourreaux que "ça ne marchera pas nous deux" et qu'il devrait en conséquence quitter, prendre sa retraite.

M. Pourreaux a tenté de rencontrer le dg Robert Abdallah pour obtenir des explications sur le fait que sa démarche d'optimisation avait été mise sur la glace, mais il n'a pu obtenir de rendez-vous. Il s'est fait dire que M. Abdallah ne s'occuperait plus de ce dossier, qu'il ne voulait plus en parler.

La conclusion de M. Pourreaux est simple: "il n'y a pas grand monde qui peut tasser un directeur général dans une Ville. Il y a le maire ou le président du comité exécutif." Et comme le maire Tremblay semblait approuver sa démarche d'optimisation, il en conclut que c'est M. Zampino.

Son plan était basé sur un rapport de 2004 qui avait été rédigé par quatre ingénieurs de l'externe et qui avaient conclu à des coûts de construction de 35 à 50 pour cent plus élevés et qui constatait un marché fermé à Montréal.

Et, selon lui, lorsqu'il a présenté son plan d'optimisation à un comité de suivi, basé sur ce rapport, l'ex-maire Gérald Tremblay était présent lors d'au moins une des réunions.

Il a relaté qu'après une présentation d'une heure et demie au sous-comité, il est allé à la salle de bain avec le maire Tremblay et que ce dernier était enthousiaste en apprenant que la Ville pourrait réaliser des économies de 45

à 50 millions $ en gérant mieux ses approvisionnements et en adoptant d'autres mesures d'optimisation.

La commission entendra ensuite Claude Léger, directeur général de la Ville de 2006 à 2009.