Comment avoir le courage d’abandonner le droit ?
Comment avoir le courage d’abandonner le droit ?
Sur le site Above the Law, Casey Berman n’hésite pas à employer le terme de paralysie : cette peur qui retient certains avocats de quitter leur profession.

Changer de carrière implique de surmonter les obstacles et les blocages qui nous ont empêché jusque-là d’aller de l’avant. Or, pour surmonter, il faut d’abord comprendre.

Voici un petit guide des quatre principales peurs qui tenaillent les avocats malheureux dans leur métier, et quelques conseils pour leur faire face.

1. Surmonter la peur de ne pas faire assez d’argent

La crainte de ne pas réussir à payer l’hypothèque, les factures, les études des enfants, la retraite et de s’endetter empêche souvent de franchir le pas.

Quelques astuces pour relativiser cette angoisse :
  • Quitter le droit ne veut pas dire quitter son emploi pour se retrouver sans le sou. Cela peut se préparer dans le temps, tout en gardant son travail. Histoire de ne pas troquer une anxiété pour une autre.
  • Les avocats sont habitués à être payés à l’heure. Mais dans les milieux de travail “hors-droit”, les façons de faire de l’argent sont nombreuses : salaire, bonus, commissions, profits…

2. Surmonter la peur de l’inconnu

Les avocats ont appris à contrôler au maximum les facteurs extérieurs, à minimiser les risques, à anticiper les problèmes. Pas facile dans ces circonstances de faire le grand saut dans l’inconnu…
  • Il faut apprendre à lâcher : arrêter de prévoir l’avenir à tout prix. Pas besoin de boule de cristal, pas besoin de garantie sur le lendemain.
  • Pour mieux combattre cette peur de ne pas pouvoir prédire ce qui va se passer, il ne faut pas hésiter à être ouvert aux autres et à demander de l’aide. C’est le meilleur moyen de découvrir des opportunités et des contacts dont on ignorait l’existence jusque-là.

3. Surmonter la peur de décevoir tout le monde

L’habitude de plaire et la peur de déplaire qui en découle, l’inquiétude de décevoir ou de fâcher des proches, la crainte de perdre ses amis dans le milieu du droit, le sentiment d’avoir gâché des années de sa vie, de l’énergie, de l’argent… L’émotion, les dynamiques familiales, et la culpabilité qu’implique cette troisième peur en font peut-être la plus difficile à combattre.
  • Il faut prendre conscience que l’on doit se réapproprier sa vie. Accepter qu’on a construit cette vie loin de ses talents et de ses désirs. Explorer ceux-ci c’est comprendre ce que l’on veut vraiment et commencer à tracer sa propre route.
  • S’expliquer à soi-même et à ses proches les vraies raisons qui font que l’on n’est pas tout à fait épanoui, et les mauvaises raisons qui nous ont mené à une carrière d’avocat.
  • Démontrer qu’après tout, on ne faisait pas un si bon avocat que ça, et que nos compétences peuvent être mises à bien meilleur profit.
  • Prouver qu’on peut gagner sa vie ailleurs, et même mieux que dans le droit.

4. Surmonter la peur de ne pas être capable de faire quelque chose d’autre

Quelles options sont possible pour une nouvelle carrière? Votre conception même des autres métiers est floue, et vous n’êtes pas sûr de leur intérêt.
  • Il faut commencer par analyser ce pour quoi vous avez du talent et des capacités. Si vous savez que vous êtes “bon à ça”, vous pourrez être convaincant aux yeux d’un employeur.
  • Pour cela il ne faut pas hésiter à se tourner vers ses proches et ses collègues en leur demandant franchement : qu’est-ce que je fais le mieux ? Qu’est-ce que j’aime le plus ? Pour quel type de conseil venez-vous me voir ? Qu’est-ce que je suis capable de faire gratuitement ? Un nouvel autoportrait va bien vite émerger.
  • Et enfin, il faut prendre conscience de tout ce que l’on peut apporter comme compétences en tant qu’ancien avocat à un métier qui n’a rien à voir avec le droit :
    • Savoir gérer des clients comme personne
    • Repérer les problèmes à l’avance
    • Écrire clairement et de façon persuasive
    • Être un bon collaborateur et être particulièrement apte à travailler en équipe
    • Savoir éteindre les feux et être diplomatique
    • Être capable d’expliquer simplement des concepts compliqués
    • Être discipliné et capable de respecter des échéances serrées

Ces talents sont très en demande. Il n’y a plus qu’à vous persuader que vous les avez, et trouver les métiers qui en ont besoin. Votre bien-être vous remerciera !