47 % des répondants ont confié vivre beaucoup d’anxiété. Photos : Shutterstock
47 % des répondants ont confié vivre beaucoup d’anxiété. Photos : Shutterstock
L’équipe du journal étudiant de la Faculté de droit de l’Université de Montréal Le Pigeon Dissident a réalisé au mois d’octobre un sondage sur les habitudes de consommation de stupéfiants des étudiants, et plus particulièrement des drogues de performance.

La conclusion des sondeurs : « la consommation de nootropes (ndlr : drogues de performance) par les étudiant.es est près de deux fois plus élevée que ce qui est généralement relaté dans les médias et la littérature. »

Les auteurs expliquent la consommation de ces drogues chez les étudiants par « leur état général d’anxiété et leur rapport à la compétitivité au sein de la Faculté. » En effet, 47 % des répondants ont confié vivre beaucoup d’anxiété et craindre d'être moins performants que les autres étudiants.

D’autres, comme l’étudiante de 3e année Roberta (nom fictif), se servent de drogues de performance pour rattraper le temps d’étude en période très occupée.

« Dès ma première année, je me suis beaucoup impliquée dans la Faculté de droit et ailleurs, et j’ai eu de la difficulté à gérer mes études en parallèle de cette implication. Il est extrêmement facile de s’impliquer à l’université et j’ai ressenti une pression sociale à le faire, peut-être trop même! En période d’examen, les drogues de performance sont devenues des outils utiles pour m’aider à rattraper mon étude en très peu de temps. »

Des médicaments traitant le TDA/H pour rester concentré

On dit « drogue de performance » lorsqu’on parle de substances qui permettent d’augmenter les capacités cognitives comme la mémoire, l’attention et l’éveil. En ce sens, le café est la drogue de performance la plus populaire chez les étudiants… mais pas la seule!

Des médicaments habituellement prescrits pour traiter le trouble déficitaire de l’attention avec/sans hyperactivité (TDA/H), tels que Vyvanse, Ritalin ou Adderall, sont parfois consommés par les étudiants désirant profiter d’une concentration accrue durant de longues périodes d’études.

« Un étudiant sur six admet avoir consommé sans prescription ou au-delà de leur dose, alors que le ratio pour les femmes correspond à une sur vingt qui admet pareille chose, ce qui est plus que le triple, » soulignent les auteurs du sondage.

L’étudiante Roberta a confié au Pigeon Dissident n’avoir eu aucune difficulté à se procurer des médicaments sans avoir de prescription.

« J’ai obtenu des drogues de performances de la part de plusieurs personnes différentes sans parfois même faire de démarche pour en obtenir (en me les faisant suggérer, par exemple). Il est relativement facile de se procurer ce type de médicament vu le grand nombre de personnes qui ont des prescriptions. »

Beaucoup d’étudiants commenceraient à user de drogues de performance dès leur première année, révèle le sondage. On y apprend également que la moitié des étudiants ayant pensé se procurer de telles drogues ont fini par passer à l’acte. De ce nombre, 42 % ont l’intention d’en consommer de nouveau.

Le Pigeon Dissident a recueilli les réponses de 145 étudiants, soit 11,6 % de la Faculté. Le quart était de sexe masculin, 63 % avaient entre 18 et 21 ans, 28 % entre 22 et 25 ans, et les autres 26 ans et plus.

Une efficacité qui reste à prouver

Le Pigeon Dissident rappelle que les effets positifs de ces drogues sur les performances des étudiants ne sont pas prouvés et que les effets secondaires peuvent être sérieux. D’autres moyens peuvent d’ailleurs être pris pour améliorer ses résultats scolaires, et autrement moins risqués :
  • Activité physique;
  • Alimentation équilibrée;
  • Saines habitudes de sommeil.