Mes David Martin et Ruby Lau. Photo : Site Web de Stirling
Mes David Martin et Ruby Lau. Photo : Site Web de Stirling
C’est ce qui est arrivé à Ruby Lau, alors qu’elle était étudiante en droit à Kamloops, en Colombie-Britannique. Et parce que ça fait toujours du bien, une histoire qui finit bien : celle qui est aujourd’hui avocate vient de commencer sa carrière à ce même cabinet, deux ans et demi plus tard!

« Honnêtement, je n’ai jamais vu quelque chose comme ça de toute ma vie! » s’exclame en riant la jeune avocate, en entrevue avec Droit-inc.

Alors qu’elle terminait ses études en droit à la Thompson Rivers University, en 2018, Ruby Lau avait envoyé des candidatures spontanées à plusieurs cabinets, dont Stirling, un jeune bureau fondé par David Martin et Warren Brazier un an et des poussières plus tôt, à Vancouver.

Quelle ne fut pas sa surprise, quelques semaines plus tard en revenant à Vancouver chez ses parents, de découvrir une lettre signée par David Martin, associé chez Stirling, accompagnée d’un chèque de 100$.

Ruby Lau a publié une photo de sa lettre, pour accompagner sa sympathique histoire, sur Linkedin, au début de la semaine dernière. Sa publication est devenue virale.



« Notre cabinet est en fonction depuis à peine plus d’un an. Vous nous avez honorés en étant la première étudiante à envoyer sa candidature pour un stage. En guise de reconnaissance, voici un chèque de 100$ », écrit David Martin en expliquant que le cabinet n’était pas en mesure d’accueillir une stagiaire.

« Veuillez utiliser cet argent pour vous faire plaisir, avec vos amis et votre famille, à la suite de votre graduation, a-t-il poursuivi. Nous vous souhaitons la meilleure des chances pour le début de votre carrière en droit. »

Celui qui est aujourd’hui le patron de Ruby Lau explique qu’il avait envie d’envoyer un peu d’encouragement à cette étudiante, alors que les jeunes juristes de la région ne vivaient pas une période facile. La Faculté de droit de la Thompson Rivers University étant assez récente, de nombreux étudiants se sont retrouvés sur le marché en même temps.

« J’ai pensé que ça lui ferait du bien », affirme simplement David Martin, un ancien du bureau vancouvérois de Fasken.

« Je n’ai jamais cadré là-dedans »

Ce n’est pas nécessairement l’approche à laquelle on s’attend de la part d’un directeur de cabinet, dans un milieu qui est encore plutôt conservateur…

« On porte encore des vêtements spéciaux, on appelle les juges “ votre honneur ”. Ça me fait un peu penser à l’ère Dickens, parfois! Et je pense que je n’ai jamais cadré là-dedans, ça fait partie de ma personnalité. »

« Tout ça fait en sorte que parfois, je n’apprécie pas ma profession… Les gens se prennent tellement au sérieux! » ajoute-t-il.

L’avocat avoue d’ailleurs que c’est un peu pour cette raison qu’il a quitté Fasken, à l’aube de la cinquantaine, pour poursuivre son propre chemin.

« Jamais je n’aurais pu envoyer cette lettre en étant dans un cabinet national », illustre-t-il.

Un emploi deux ans plus tard

Après cette fameuse lettre, Ruby Lau et David Martin ont gardé contact. Elle a d’abord commencé à travailler pour le cabinet sous contrat, dans l’esprit d’un mentorat, dans le but de l’aider à se trouver en emploi dans un grand cabinet par la suite.

Et Stirling lui a finalement offert un emploi d’avocate, dans ce cabinet spécialisé en droit des affaires et droit de l’immobilier. Le bureau compte maintenant trois avocats et trois autres professionnels, en plus des deux associés. Ruby Lau a commencé officiellement lundi dernier.

L’avocate maintenant âgée de 26 ans, qui a elle aussi fait un passage chez Fasken, à titre de stagiaire, affirme qu’elle adore son nouvel emploi, dans un petit bureau. Elle ajoute qu’elle a l’impression d’avoir davantage de responsabilités, plus rapidement, et qu’elle acquiert beaucoup d’expérience.

Disons que les derniers jours ont été ponctués de beaucoup de notifications Linkedin, et de demandes de connexions provenant du monde entier!

« Je suis vraiment reconnaissante de tous ces partages et de ces commentaires… Je suis surtout contente d’avoir pu mettre un sourire sur le visage des gens, en cette période de COVID. C’est une période difficile pour tout le monde, notamment pour ceux qui se cherchent un emploi, comme les étudiants en droit. Et je sais comment on se sent dans cette situation… », confie-t-elle.

« J’espère que mon histoire encouragera les gens, et leur apportera autant de bien et de soutien que ce chèque de 100$ m’en a apporté! » ajoute-t-elle.

D’ailleurs, son nouveau patron a annoncé (à la blague) sur le réseau social qu’il lui offrait une promotion : le poste de directrice des médias sociaux!


Il nous a par contre avoué que ce poste était en ce moment occupé de manière non officielle par sa femme, et qu’il devrait vérifier si cette nomination ne causerait pas trop de frictions... !