La fonction de procureur désigné à la violence conjugale sera abolie à Trois-Rivières. Photo : Shutterstock
La fonction de procureur désigné à la violence conjugale sera abolie à Trois-Rivières. Photo : Shutterstock
La députée Christine Labrie qualifie d'incohérente la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et insiste pour que la fonction de procureur désigné à la violence conjugale soit rapidement rétablie à Trois-Rivières.

Radio-Canada signalait jeudi que malgré les nombreuses recommandations formulées par un comité d'expert, la procureur-chef du district judiciaire de Trois-Rivières prévoit abolir cette fonction au sein de son équipe.

La fonction de procureur désigné permettait, selon les experts, d'établir un lien de confiance entre la victime et le système de justice.

À Trois-Rivières, Me Marie-Ève Paquet accompagnait et rencontrait personnellement chacune des victimes présumées avant chaque étape du long et complexe processus judiciaire.

La députée de Québec solidaire Christine Labrie a passé plusieurs mois à rencontrer des victimes et élaborer avec ses collègues du gouvernement un rapport de près de 300 pages qui explique comment mieux accompagner ces femmes.

« La recommandation 37 du rapport transpartisan déposé par moi et mes collègues en décembre va comme suit : Constituer des équipes de procureur.e.s spécialisé.e.s en matière de violence conjugale à travers la province. Pourtant, à Trois-Rivières, on a récemment décidé d'abolir la fonction de procureur désigné en matière de violence conjugale. Une décision à peine expliquée, et incohérente avec les meilleures pratiques recommandées. Une décision qui constitue certainement un recul, comme l'ont souligné les intervenantes de la région, et qui va dans le sens contraire des principes et recommandations de notre rapport. »

Radio-Canada a sollicité une entrevue avec le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette. Madame Labrie espère qu'il joindra sa voix à la sienne pour demander au Directeur des poursuites criminelles et pénales de faire marche arrière.

« On est en droit de s'attendre non seulement à des explications plus détaillées sur cette décision, mais à un plan pour rétablir cette fonction. Si ce sont les ressources qui manquent au DPCP pour maintenir les bonnes pratiques développées dans les dernières années et mettre en place les recommandations, on doit y remédier rapidement », affirme la députée de Québec solidaire.

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette n'était pas disponible pour répondre aux questions de Radio-Canada.

180 millions de dollars seront investis par Québec d'ici cinq ans pour mettre en place un plan d'action visant à accentuer les efforts de prévention de la violence conjugale et à offrir un meilleur accompagnement aux victimes. Le ministre Jolin-Barrette souhaite aussi réformer le programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels, 193 millions de dollars y seront consacrés.

« Je ne sais pas s'il était au courant de cette décision prise à Trois-Rivières, mais je m'attends à une grande sensibilité de sa part pour s'assurer d'avoir des procureurs désignés, parce que ça fait partie de nos recommandations », a conclu madame Labrie.