Me Sophie Martin. Photo : Site web de Stein Monast
Me Sophie Martin. Photo : Site web de Stein Monast
Le cabinet Stein Monast annonçait en décembre dernier la nomination de Me Sophie Martin à titre d’associée directrice. Elle succède à Me Jean Brunet qui a occupé cette fonction au cours des vingt-cinq dernières années.

Barreau 1995, Me Sophie Martin s’est jointe à l’équipe de Stein Monast en 2000 après avoir fait ses études en droit à l’Université de Montréal et en fiscalité à l’Université de Sherbrooke.

Il y a maintenant 14 ans qu’elle est associée chez Stein Monast. En avril dernier, en pleine pandémie de COVID-19, elle prenait les rênes du cabinet.

Vous êtes donc la première associée directrice de Stein Monast! Qu’est-ce que ça veut dire, pour vous?

Je ne l’entends pas comme étant une femme ou un homme… Je pense que c'est plutôt le fait d'être connue au sein de l'organisation du cabinet et des associés.

Ce n’est pas tant parce que je suis une femme, c’est plutôt mon profil de fiscaliste qui m’a amenée à travailler avec chacun des associés.

On dit que le droit mène à tout, mais je vous dirais que la fiscalité mène encore à plus! (Rires)

Le processus qu'on a mis en place pour la relève de Me Jean Brunet comme associé directeur, c’est un processus de concertation, de consultation au sein des associés. Ça n’a pas été un processus « divisif », ça a même été un processus qui a été mobilisateur!

J’ai pu développer des liens avec chacun des associés, et c’est ce qui m'a amenée à ma nomination, je crois.

On parle de combien d’associés, d’ailleurs?

On est rendus assez nombreux! On a beaucoup grandi dans les années passées. Présentement, on est 41 associés. On a à peu près une trentaine de salariés, et une quinzaine de techniciens : on est plus de 80 professionnels du droit incluant les techniciens. Si on compte le personnel de soutien et les cadres, on calcule un peu plus de 140 personnes.

Quand êtes-vous entrée en poste?

Je suis entrée en poste le 24 avril par désignation de l'assemblée des associés.

De toute façon, j'étais déjà dans la direction du cabinet. Je suis entrée sur le conseil d'administration du cabinet en 2016, donc j'avais déjà une connaissance des diverses opérations, fonctions essentielles du cabinet, et tout ça, une bonne connaissance aussi des enjeux dont il faut se préoccuper. Ça m'a donné quand même un coup de pouce pour la connaissance du cabinet et des différents défis.

Quand la COVID-19 est arrivée à la mi-mars, j'étais déjà pas mal dans l'implication et la gestion de crise avec le conseil d'administration. On se réunissait une fois par jour pendant cette période-là.

Quelle a été votre réaction quand vous avez été confirmée au poste d’associée directrice?

Premièrement, j'étais honorée de la confiance de mes associés! Ça a été le premier sentiment. Aussi, je vous dirais que je trouve que c'est un défi aussi pour moi, mais j'espère toute la mobilisation de mes associés derrière moi. Ça, c'est important.

Et puis on avait un excellent associé directeur auparavant, Me Jean Brunet, qui a occupé ce poste-là pendant plus de 20 ans. Pour moi, on remplace quelqu’un qui était quand même excellent et qui a su conseiller nos équipes et faire croître le cabinet beaucoup aussi!

Au niveau du conseil d'administration, tout le monde me soutient, et j'ai un grand soutien de mes associés, et une grande mobilisation.

Ça doit faire chaud au cœur, ça!

Ça s'est même accentué en contexte de COVID-19!

Lorsqu'on vit des moments incertains comme la COVID-19, c’est là qu'on voit vraiment le meilleur des gens : « c’est votre entreprise, on va s’impliquer, on va faire rayonner notre entreprise! ».

On a eu justement pendant la COVID-19 plein de projets d'implication, de mobilisation et de rayonnement.

Déjà, vous entrez en poste au début de la plus grosse pandémie qu’on a vécue au Québec depuis plus d’un siècle! Est-ce que ça vous stressait?

Au début oui, mais comment je pourrais vous dire… J’ai une personnalité foncièrement optimiste. Bien que la situation comportait des incertitudes sans précédent et qu’on ne savait pas comment ça allait se développer, j'ai pris ça comme étant non pas un découragement, mais quelque chose qui allait me « pepper »!

Je suis une personne qui face aux difficultés va toujours essayer de trouver des pistes de solution, des opportunités, des moyens de passer à travers cette période-là, puis d'aller chercher le meilleur et de mobiliser les gens vers l’objectif commun.

C’est ce qu'on a fait pendant la pandémie, pendant le creux où les tribunaux étaient fermés.

On a pris des décisions finalement très rapidement sur plusieurs volets, et ça s’est avéré être des décisions vraiment adéquates et opportunes! Avec l'historique qu'on a depuis plusieurs mois et la reprise qu’on a connue depuis le mois de septembre, ça montre vraiment qu'on a pris les bonnes décisions.

Ça doit être un soulagement!

Oui! Sur le coup, on ne le sait jamais. On a comme un instinct.

Je pense qu’il faut se fier à nos instincts. On est des personnes qui ont vu une diversité de problématiques chez nos clients, et l'important, c'est de bien connaître sa « business ». De venir dire, « OK, là je la connais bien, comment on peut agir pour se tirer d'affaire avec brio dans cette période-là ».

Ça, ce sont des outils intrinsèques de bien connaître sa business, les enjeux, les défis, les moyens, les leviers, à quel niveau je peux intervenir, à quel niveau je dois intervenir, à quel niveau c’est important. Ce sont vraiment nos leviers.

Et vous, vous avez l'impression que vous la connaissez bien, votre « business »?

Oui! Comme je vous dis, ça m’a aidée d'être en fiscalité, en transactionnel, en droit des affaires. J’ai des cours de comptabilité et de finance; j'ai quand même un « background » au niveau formation qui est assez polyvalent.

Ça m’a permis effectivement d'être bien en selle dès le début, et le fait que j'étais sur le conseil d'administration au préalable, ça a fait en sorte qu’on connaît bien les opportunités, les risques, les volets où intervenir.

Que comptez-vous faire pour la croissance et le maintien du cabinet cette année?

J’ai un plan en trois grands chantiers. Le premier a trait aux clients, le second aux équipes et le troisième aux compétences.

On veut toujours accentuer les relations, les liens de proximité avec les clients. Ce qui fait la marque de commence de Stein Monast dans ses relations client, c'est vraiment qu'on établit une relation de confiance, de respect et de compréhension des enjeux et des défis des clients.

On a une grande disponibilité également, qui nous permet d'offrir des solutions qui sont adaptées à la réalité des clients et qui sont une plus-value également. Donc on n’est pas vus comme étant un mal nécessaire, mais on est plutôt vus comme un partenaire d'affaires avec nos clients parce qu’on connaît bien leur situation. On va continuer dans cette optique-là.

Et par rapport à l’équipe?

Je suis une femme qui a toujours travaillé en équipe, donc ça a un peu teinté ce à quoi je crois dans l’organisation.

C’est vraiment de favoriser l'engagement et l'implication de chacun dans le cabinet, que ce soit au niveau des orientations, des stratégies, ou dans les opérations du cabinet aussi, et prendre le pouls des différentes équipes et des différents membres du cabinet pour continuer de travailler en collégialité.

C’est vraiment notre force aussi, la collégialité! J’ai fait quelques sondages auprès des membres du cabinet, et ça revient tout le temps : le plaisir de travailler ensemble avec des équipes-clients. On a différentes expertises également, alors c'est de miser sur les équipes, la collégialité et l'intégration de chacun dans le bon fonctionnement, et aussi dans le service-client.

Vous parliez de compétences aussi…

Ça aussi, c'est un point fort de Stein Monast! On est réputés comme étant des avocats avec des compétences de haut niveau, donc c'est toujours de miser là-dessus, de développer des programmes de mentorat et de partage d'expérience, et de créer des synergies, des variétés de compétences dans les équipes-clients.

On va aussi favoriser la spécialisation dans des champs de pratique à forte demande. On a entre autres développé dans les dernières années toute une équipe d’immigration et une équipe de droit des transports.

Une question niaiseuse en finissant : comment avez-vous célébré votre nomination?

(Rires) Je n’ai pas vraiment célébré au début parce que les défis étaient très grands!

On était en pleine COVID-19, on était en plein déploiement du télétravail et en plein renforcement de nos moyens technologiques. On n'a pas pris le temps de célébrer à part un petit cocktail qu'on avait fait virtuellement avec nos associés parce qu’on avait tenu notre assemblée annuelle des associés de façon virtuelle.

On a fêté ça chacun dans son coin, mais avec un petit verre à la main! On n’a pas vraiment fêté ça de façon significative, parce qu’on était vraiment dans le feu de l’action.