Le ministre de la Justice a annoncé un investissement de 945 000 $ dans le Programme de justice communautaire atikamekw. Photo : Radio-Canada
Le ministre de la Justice a annoncé un investissement de 945 000 $ dans le Programme de justice communautaire atikamekw. Photo : Radio-Canada
Dans le cadre d'une conférence de presse téléphonique donnée mardi après-midi, le ministre de la Justice, David Lametti, a évoqué « le besoin de mettre en place des programmes locaux » qui permettent aux communautés de mieux encadrer leurs membres, y compris les jeunes.

Selon M. Lametti, l'argent annoncé par le gouvernement fédéral, et qui sera versé sur une période de trois ans, s'inscrit dans le cadre de « nouvelles stratégies d'intervention pour aider les jeunes à s'engager sur des voies différentes », et donc éviter de se retrouver en prison, notamment, où les membres des Premières Nations sont représentés de façon disproportionnée.

Ce faisant, a ajouté le ministre, il sera possible d'améliorer l'« accès à la justice pour tous », et d'« aider les jeunes à faire de meilleurs choix, pour eux-mêmes et pour leur communauté ».

De son côté, le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, a évoqué une très bonne nouvelle, puisque la communauté a toujours été partisane de la justice réparatrice.

Selon lui, ce programme visant à faciliter la guérison des individus fautifs dans la communauté, en compagnie de leurs pairs, vient transformer la méthode auparavant employée par les autorités pour punir les criminels.

« Souvent, on voulait casser la personne ayant posé les gestes. Et souvent, ça causait une perte de confiance pour son avenir. Si on ne les cassait pas, (les individus) devenaient de plus en plus en colère », a-t-il expliqué.

« Les gens qui posent des gestes sont victimes de quelques chose qui s’est passé dans leur vie. La justice réparatrice permet de faire en sorte que ces gens deviennent de meilleurs individus pour la société », ajoute-t-il.

Toujours selon le chef Awashish, cette approche de justice réparatrice, qui s'articule autour de la guérison et de la fierté de l'individu « qui devient ainsi productif pour lui-même et pour la société en général », a mené à un taux de non-récidive de 90 % lors d'une expérience menée avec un groupe de 20 jeunes.