Photo : Shutterstock
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L’examen de mai 2020 de l’École du Barreau du Québec avait subi une faille informatique, suscitant les critiques d’étudiants.

Si l’examen québécois n’a pas été parfait, il est bien loin d’avoir été aussi catastrophique que l’examen du barreau britannique, organisé l’été dernier.

Tenu lui aussi au début de la pandémie, l’examen a été mené à distance, en toute urgence.

Et pour faire au plus vite, l’organisation de l’examen a été confiée sans appel d’offres à la firme Pearson VUE. Mais celle-ci a été incapable d’offrir une organisation digne de ce nom.

Un rapport indépendant vient de rendre ses conclusions. Les résultats ressemblent à la liste de tout ce qu’il faut éviter quand on organise un tel examen, rapporte Legal Cheek.

D’abord, des candidats n’ont tout simplement pas pu passer l’examen en raison des problèmes techniques sur la plateforme numérique. Pearson VUE a nié ces problèmes, en mettant des dysfonctionnements sur le compte d’accès Internet défaillants chez ces candidats. Mais le directeur informatique d’un établissement d’enseignement a certifié que ses étudiants disposaient de connexions répondant à toutes les exigences techniques, puisqu’ils avaient passé les épreuves dans les locaux de l’école.

Les inscriptions préliminaires à l’examen se sont révélées être un parcours du combattant pour bon nombre de candidats. Une partie des examens a même dû être carrément annulée en raison des pannes techniques.

Pipi par terre...

Mais du point de vue des candidats, peut-être valait-il mieux éviter de passer l’examen…

En effet, les règles fixées menaçaient de disqualifier tout candidat qui sortait du champ de sa caméra durant les trois heures d’examen. Or, compte-tenu des problèmes techniques pour démarrer l’examen, des candidats se sont retrouvés durant cinq heures assis devant leur écran. Et quand survenait une envie d’aller aux toilettes, ils se retrouvaient en mauvaise posture.

Aussi, pour éviter l’exclusion, un candidat s’est résolu à uriner dans un seau. Et plusieurs autres ont fait plus simple, en urinant par terre, tout en veillant à rester visibles - mais pas trop - de la caméra.

Des centaines de candidats se sont plaints auprès du barreau britannique… qui les a dirigé vers Pearson VUE, qui les a à son tour dirigé vers l’organisateur, qui les a orienté vers leurs établissements d’enseignement, qui les ont réorienté vers l’organisateur et vers la firme…

Le rapport pointe le manque de capacité technique et de formation du personnel chez Pearson VUE, qui ont plongé des candidats dans l’angoisse.

Officiellement, Pearson VUE affirme que 89% des examens se sont déroulés sans incident. Le Barreau britannique a répondu que ces statistiques n’étaient pas crédibles, compte-tenu des centaines de plaintes reçues de candidats rendus incapables de passer leur examen. Ce serait plutôt 75% des examens qui auraient eu lieu sans incident.

Le Barreau et Pearson VUE ont présenté leurs excuses pour ce chaos.

Cependant, la rédaction du contrat, réalisée à la hâte, n’a pas permis d’identifier clairement les responsabilités. Peut-être les rédacteurs du contrat devraient-ils repasser leur examen du barreau?