Me Gérald Stotland. Source: Archives
Me Gérald Stotland. Source: Archives
Après avoir récemment rejoint le cabinet Lapointe Rosenstein Marchand Melançon, Me Gérald Stotland fête ses 50 ans de pratique.

Il pratique en droit de la famille et en litige.

Avant de rejoindre le cabinet à titre d’associé, il a pratiqué plus de 20 ans pour Lavery Avocats, de 1999 à 2021.

Membre du conseil et président de comités au Barreau de Montréal et au Barreau du Québec, Me Stotland a rédigé plusieurs articles juridiques et participe régulièrement à des conférences.

Diplômé en droit de l’Université de Montréal, il est également membre du Barreau de l’Ontario.

Nous lui avons parlé pour en savoir plus….

Pourquoi avez-vous choisi la carrière d’avocat ? Est-ce que le droit de la famille était votre premier choix ?

Nous avons une blague en anglais qui dit « how do you define a lawyer ? A jewish guy who can’t stand to see the blood ». Ce qui veut dire que tous les parents souhaitent qu’on aille en médecine mais ils sont prêts à accepter les carrières d’avocats ou de comptables, en deuxième choix. En réalité, le droit a été le seul domaine qui m’a vraiment intéressé à l’université.

Malgré quelques embûches, j’ai eu des bonnes notes dans toutes les matières et surtout en droit criminel. À la base, je voulais devenir avocat criminel mais malheureusement je n'ai pas obtenu un stage en droit criminel. Ainsi, j’ai effectué un stage avec un avocat en droit de la famille. Je trouvais que l’échange personnel entre individus était vraiment intéressant.

Qu’est-ce qui vous a marqué au cours de votre carrière ?

Au cours des années, les questions en droit familial étaient un véritable défi. À mes débuts, le droit matrimonial n'était pas comme aujourd’hui. Il n’y avait pas la question des conjoints de faits et les contrats de mariage favorisés plus l’homme, qui travaille et gagne de l’argent, alors que les femmes restent à la maison. Mais, le problème se présentait lors du divorce. En effet, le mari se retrouvait à être propriétaire de la plupart des biens et la femme se retrouvait dans une situation désavantageuse.

Pour corriger cet aspect, le Gouvernement a modifié le code en introduisant des solutions pour le patrimoine familial. Ainsi, toutes les parties peuvent obtenir au moins la moitié des valeurs de certains biens importants.

À l’époque, il y avait un autre problème qui impliquait les enfants. La garde des enfants était généralement accordée à la mère. Plus tard, la Cour d’appel a établi un jugement qui favorise aussi la garde conjointe. C’est un acte assez important.

Qu’en est-il des conjoints de faits ?

Les problèmes persistent dans les procédures de divorces pour les conjoints de fait. Dans les autres provinces canadiennes, ils ont des droits et peuvent obtenir la pension alimentaire, la garde partagée etc.

Il y a quelques années, j’ai eu une cause en Ontario. Un couple québécois a déménagé à Ottawa pour des raisons professionnelles. Les parties étaient des conjoints de faits depuis plus de 20 ans. Madame a intenté un procès devant la Cour de l'Ontario parce que son mari l’a trompé.

Dans cette affaire, j’ai représenté le mari. J’ai demandé au tribunal d’appliquer le droit québécois car ils avaient vécu plus de 20 ans au Québec et seulement 3 ans en Ontario. Mais la juge a ordonné que le mari verse une pension alimentaire selon le nombre d’années en vie commune. Mon client a finalement été consentant.

Selon vous, qu’est-ce qui devrait changer en matière de droit familial ?

Au Québec, nous avons fait des avancées assez importantes en droit de la famille notamment avec la garde partagée, le patrimoine familial, l’enregistrement sans cause. Mais on manque toujours un aspect important : celui d’accorder la pension alimentaire aux conjoint de faits car la plupart des couples au Québec ne se marient pas.

Est-ce que le Gouvernement du Québec est prêt à accorder des droits aux parties qui ne sont pas mariés? J’en ai aucune idée parce qu’avant les mentalités étaient plutôt conservateurs. Avec la nouvelle loi du divorce et les autres amendements de la loi, on devrait considérer le fait que deux parties soient égales, avec ou sans mariage.

Pourquoi avez-vous décidé de changer de cabinet après autant d’années ?

Après 50 ans, je souhaite continuer la pratique en droit de la famille. J’ai laissé Lavery après 22 ans de pratique. J’ai trouvé qu’à mon âge, j’avais besoin de nouveaux défis et j’ai décidé de chercher un bureau qui n’a pas de département en droit de la famille.

Chez Lapointe Rosenstein Marchand Melançon, ils m’ont donné l’occasion de continuer ma pratique et de créer un département spécialisé en droit de la famille. Actuellement, je cherche des avocats pour établir ensemble ce département.

Quels types d’avocats recherchez-vous ?

Ce n’est pas facile de trouver des avocats intéressés par ce défi parce que la plupart des avocats ont déjà leur bureau ou sont déjà membre d’une équipe d’un cabinet. Je cherche des avocats plus jeunes que moi pour créer ce département en droit de la famille.

Ça sera intéressant d’avoir des avocats provenant des différentes communautés de notre ville. Les candidats doivent avoir un certain niveau académique et une personnalité qui s'agence au droit familial soit qui sait s'entendre bien avec les clients, les collègues etc. J’étais déjà un mentor pour des avocats chez Lavery et je le serai encore pour ce cabinet.

Pensez-vous prendre votre retraite éventuellement ?

J'espère encore pratiquer pour 50 ans encore. Hahaha! La pratique du droit est devenue ma vie. Je travaille au bureau à partir de 8h du matin et quitte à six heures le soir. Je travaille souvent les fins de semaine. Ça ne veut pas dire que je ne prends pas de vacances. Malheureusement, ce fut presque impossible à en prendre à cause de la COVID-19.