Me Pierre-Luc Déziel. Photo : Université Laval
Me Pierre-Luc Déziel. Photo : Université Laval
Me Pierre-Luc Déziel, professeur à la faculté de droit de l’Université Laval, sera promu au rang d’agrégé, dimanche prochain.

Le bachelier en sciences humaines de l’Université McGill, également titulaire d’un doctorat en droit de l’Université de Montréal, s’est confié à Droit-inc, et se dit notamment « très, très, très heureux » de sa nomination à venir.

Entretien.

Expliquez-nous, pour commencer, ce que signifie le titre d’agrégé?

L’agrégation est une forme de promotion, mais elle confirme aussi que la période de probation (vis-à-vis de l’université) est terminée.

Au niveau des tâches, au niveau de la pratique, le changement est minime, mais cela…

C’est donc, nous pourrions dire, une forme de reconnaissance?

Ouais, et cela est pris en considération. Le processus d’agrégation procède sur dossier, lequel est soumis par la doyenne de la faculté de droit, notamment.

C’est une très belle marque de reconnaissance; une très belle marque de confiance, et c’est quelque chose que l’on reçoit, mes collègues et moi, toujours avec un grand plaisir.

Une telle nomination, outre la sécurisation et la reconnaissance, transforme-t-elle votre quotidien de chercheur?

Non, pas vraiment. En ce sens, où les projets de recherche (sur lesquels je travaille) demeurent les mêmes.

Par contre, dans un autre ordre d’idée, il y a plusieurs projets qui sont amené pendant la période de pré-agrégation. L’enjeu, pendant les cinq prochaines années, par exemple, sera de faire aboutir ces projets, de les concrétiser et d’arriver à des résultats de recherches qui peuvent être très intéressant pour la communauté scientifique et la société en générale.

Parlant de ces projets de recherche, pourriez-vous nous rappeler vos champs d'expertise?

Mon principal champ d’intérêt est le droit à la vie privée : tout ce qui relève des renseignements personnels et de la manière dont les nouvelles technologies exercent un impact sur cet aspect du droit.

Dans le cadre de mes recherches, plus précisément, j'étudie comment les nouvelles technologies viennent changer les manières dont les entreprises ou les institutions publiques peuvent collecter, utiliser et communiquer des renseignements personnels, ainsi que l’impact que cela peut avoir sur la vie des gens au quotidien.

Fait intéressant : l’on revient, avec la crise actuelle, à l’importance de telles recherches, soit à la manière dont l’État - et même des entreprises! - peuvent collecter des renseignements personnels sur la santé des gens pour détecter des épidémies et gérer le suivi d'épidémies.

Avec la crise de COVID-19, nul doute que vous êtes beaucoup occupé…

Absolument. Oui. On suit d’ailleurs cette situation de très près.

Je m’en charge à titre de chercheur, à l’observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique. Nous avons notamment créé un comité pour étudier les impacts de la crise du COVID-19 sur les applications de traçages et les applications de santé, dans un contexte de pandémie.

Avant de terminer, auriez-vous un souhait pour les prochaines années?

C’est sûr que la prochaine étape est la titularisation, mais je vais commencer par profiter de l’agrégation, pour le moment.

Sinon, j’aimerais profiter de l’agrégation pour continuer mon travail, et continuer de travailler avec mes collègues et des étudiants.