Josée Jolette, présidente régionale du SFPQ. Source: Radio-Canada
Josée Jolette, présidente régionale du SFPQ. Source: Radio-Canada
Depuis 2015, 284 greffiers ont donné leur démission dans six palais de justice au Québec. C’est toutefois à Montréal qu’il y en a le plus avec 153 départs volontaires. Les autres palais de justice touchés par cette vague sont ceux de Gatineau, Laval, Longueuil, Québec et Trois-Rivières.

Ces informations proviennent d’une compilation de dossiers réalisée par le ministère de la Justice, suivant une demande faite en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Il y est inscrit le nombre de départs des greffiers dans six palais de justice depuis 2015, ainsi que les raisons de ce choix. Droit-Inc a pu obtenir copie du document.

Conditions de travail

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, la présidente régionale du Syndicat de la fonction publique du Québec, Josée Jolette, mentionne que ces départs peuvent être reliés à de mauvaises conditions de travail.

Selon elle, le salaire d’entrée en tant que greffier peut varier entre 19,36 à 20,07 dollars de l’heure. « Un salaire pas très compétitif si on compare avec d’autres secteurs d’emploi », explique-t-elle.

Toutes ces démissions causent de la surcharge de travail chez le peu d’employés restant. Il n’est pas rare de voir des greffiers faire des heures supplémentaires et travailler dans des délais serrés pour pallier au manque de personnel, ce qui provoque de la fatigue supplémentaire.

Être greffier est également très exigeant, selon Josée Jolette. Il faut éviter de faire des erreurs, puisqu’il y a en jeu plusieurs jugements et ordonnances au criminel. Il y a aussi de nouvelles formations à suivre pour s’adapter aux changements dans le monde judiciaire, s’il y a lieu.

Manque de main-d’œuvre

Pour l’instant, il n’y a pas de situation problématique dans les cours. « Probablement grâce au professionnalisme des greffiers présents dans les palais de justice », ajoute Josée Jolette en entrevue. Les services aux citoyens accumulent toutefois plus d’attente en raison d’un manque de personnel.

Dans un échange de courriel avec Droit-Inc, le ministère de la Justice se dit conscient de la pénurie de main-d'œuvre qui n’épargne pas le milieu judiciaire. « Le ministère de la Justice travaille de façon continue à la mise en place de différentes stratégies de recrutement afin de se positionner comme un employeur de choix et favoriser la rétention du personnel », mentionne la porte-parole du ministère de la Justice, Cathy Chenard.

Au cours de la dernière année, environ 1605 personnes ont été embauchées dans l'ensemble du ministère pour pallier au manque de main-d'œuvre. « Par ailleurs, l’entraide entre les différents palais de justice et points de service est bien établie afin de bénéficier d'un grand bassin de personnel et d'un soutien mutuel entre les équipes », ajoute-t-elle.

Le 9 juin dernier, une entente de principe avec 26 000 employés a été annoncée pour bonifier la rémunération des greffiers-audienciers. Tout cela entre le Secrétariat du Conseil du Trésor et le Syndicat de la fonction publique et parapublique (SFPQ).

Cette entente propose non seulement d’augmenter la rémunération, mais aussi d’améliorer les conditions de travail. Pour l'instant, le gouvernement laisse le temps nécessaire au SFPQ pour présenter l’offre à ses membres avant de rendre publics les détails de l’entente.

À ce jour, presque tous les 550 000 employés des secteurs public et parapublic, soit 98%, ont conclu une entente de principe.