Me Stéphane Harvey. Source: Site web de Blanchard Avocats inc.
Me Stéphane Harvey. Source: Site web de Blanchard Avocats inc.
Un nouveau chapitre s’est écrit dans la saga de Me Stéphane Harvey et le Conseil de discipline du Barreau. Lui qui doit répondre à des accusations d’avoir encaissé des sommes de comptes en fidéicommis. Il a été reconnu coupable de 10 des 12 chefs.

C’est vêtu de sa jaquette bleue, assis sur un lit d’hôpital, que l’avocat a demandé au conseil de remettre la séance d’audience de mardi soir.

« Je ne peux pas vous parler longtemps, mais j’ai dit aux gens de l’hôpital que je devais absolument parler au président pour l’informer que je ne pourrais être présent ayant été hospitalisé », a d’emblée dit Me Harvey alors qu’il se trouvait à l’hôpital Saint-Sacrement de Québec.

« C’est très apprécié », a répondu le président Jean-Guy Légaré. « Je dois comprendre que vous ne serez pas présent aux audiences de ce soir? » , a questionné le président s’adressant à Me Harvey, via une salle virtuelle.

« Je voyais double. J’ai donc décidé de me rendre à l’hôpital. On va me passer des tests neurologiques. J’espère que ça ne sera pas trop grave », a lancé Me Harvey par le petit écran de l’ordinateur.

Nathalie Lavoie. Source: Site web de BFC Avocats
Nathalie Lavoie. Source: Site web de BFC Avocats
Par contre, la syndic ad hoc, Me Nathalie Lavoie, a demandé que Me Harvey soit assermenté avant de poursuivre ses explications.

« Je ne peux vous parler longtemps, ça va couper », a rétorqué Me Harvey.

Une fois assermenté, Me Harvey a demandé à ce que les audiences soient remises. « Je veux être présent et je ne peux l’être aujourd’hui. Vous n’avez donc pas mon autorisation de poursuivre les travaux », a-t-il eu le temps d’ajouter avant de perdre la communication, faute de signal.

Me Harvey a également eu le temps d’entendre le président mentionner que la décision de reporter les audiences n’était pas automatique, tout en lui souhaitant bonne chance « en espérant que ça ne soit pas trop important », a conclu le président Légaré.

Les avocats de Me Harvey, Me William Noonan et Me Samuel Cozak, ont tous deux réitérés la demande de leur client en précisant qu’ils avaient un mandat limité.

« Me Harvey a décidé qu’il voulait lui-même plaider le droit. C’est son droit. Il souhaite être présent pour le faire. On demande donc de reporter les audiences de ce soir (mardi) », a dit Me Noonan de Hickson-Noonan Avocats.

Questionnés par le président à savoir s’ils étaient prêts à plaider sur les requêtes en arrêt de procédures et l’arrêt Pabos, les deux procureurs ont répondu par l’affirmative.

Les audiences se sont donc déroulées principalement sur l’une des deux requêtes. Celle dont Me Lavoie a qualifié d’irrecevable.

Quant à la jurisprudence et aux éléments du droit, il seront soulevés par l’intimé, lui-même, dès que son état de santé se sera amélioré.

Rappelons que la veille, le lundi, un spécialiste de la santé avait mentionné que de faire témoigner Me Stéphane Harvey, le soir c’était « de la torture» et qu’il était préférable de tenir les audiences « le jour ».

Le Dr Mario Giroux avait alors expliqué que Me Harvey éprouve des difficultés de concentration, surtout en fin de journée, en raison d’un accident survenu à sa résidence en 2021 où il avait été victime d’un traumatisme crânien, résultat d’une bûche tombée sur sa tête.

Dans son rapport, l’orthopédiste avait aussi mentionné comme symptôme la vision double.

Le Conseil de discipline du Barreau a donné jusqu’à lundi pour produire une plaidoirie écrite.