Marc-Antoine Cloutier n’a pas l’intention de quitter son cabinet, Trivium. Photo : Radio-Canada
Marc-Antoine Cloutier n’a pas l’intention de quitter son cabinet, Trivium. Photo : Radio-Canada
Marc-Antoine Cloutier a démissionné vendredi de son poste de président du conseil d’administration de Juripop, à la suite d’une allégation d’inconduite sexuelle le concernant. Mais il n’a pas l’intention de quitter Trivium, le cabinet qu’il a fondé en 2018.

Vendredi, il avait publié une déclaration dans laquelle il annonçait son départ de la clinique Juripop, qu’il avait fondée en 2009, pour le bien de l’organisme.

Il expliquait avoir été mis au courant d’une allégation d’inconduite sexuelle le concernant, allégation ce qu’il nie formellement. Étant donné la mission de l’organisme, qui se porte à la défense des victimes de violence sexuelle, et qui est financé par le gouvernement pour le faire, l’avocat considérait qu’il n’avait pas de le choix de le quitter.

« Avec le discours que tient Juripop, la seule existence de cette allégation-là, vraie ou pas, me condamnait à devoir partir », a-t-il confié à La Presse.

Mais il ne prévoit pas en faire autant pour Trivium, un cabinet multidisciplinaire regroupant 32 avocats, dans quatre bureaux.

Qu’en pensent les clients de Trivium? Le cabinet n’a toujours pas publié de déclaration à ce sujet, et ne compte pas le faire.

Me Cloutier clame n’avoir rien à se reprocher; il veut donc cesser d’aborder ce sujet. Tout indique que les affaires roulaient à peu près à la normale, lundi, chez Trivium.

Marc-Antoine Cloutier n’a d’ailleurs pas répondu à nos demandes d’entrevue, lundi.

Un événement remontant à 2015

La victime alléguée est une amie de longue date Marc-Antoine Cloutier qui ne travaille pas chez Juripop.

Elle a contacté Juripop le 8 juillet pour raconter l’incident dont elle aurait été victime en 2015 : lors d’une soirée arrosée, Marc-Antoine Cloutier aurait été insistant pour avoir des relations sexuelles avec elle.

Dans une entrevue accordée à Paul Arcand, ce matin, sur les ondes du 98,5 FM, Marc-Antoine Cloutier a raconté le fameux événement tel que décrit par la victime à Juripop, un événement qui n’aurait jamais eu lieu, selon lui. La victime alléguée affirme qu’au terme d’une fête, il serait entré dans sa chambre et se serait couché sur elle, puis qu’il se serait finalement endormi à ses côtés.

Lorsque Juripop a contacté Me Cloutier pour le mettre au courant des allégations à son égard, celui-ci a nié les faits, puis proposé de ne pas se représenter à la fin de son mandat, en octobre. La directrice générale de l’organisme, Me Sophie Gagnon, a confié à La Presse qu’elle a conclu que cela serait la meilleure solution pour tout le monde, y compris la victime. Celle-ci considère plutôt que l’organisme a tenté d’étouffer l’affaire.

Poursuivra, poursuivra pas?

Et maintenant? Que fera Marc-Antoine Cloutier, qui clame n’avoir jamais transgressé le principe de consentement?

« La préservation de mon honneur et de ma réputation est essentielle à l'exercice de mes diverses fonctions militantes et professionnelles, notamment comme avocat », écrivait Me Cloutier dans sa déclaration publiée vendredi.

Pour l’instant, toutefois, il ne semble pas envisager d’entamer des poursuites contre la femme en question. Il cherche plutôt « des réponses à ses questions », a-t-il confié à Paul Arcand.

L’avocat se demande notamment pourquoi son amie s’est retournée contre lui, alors qu’ils avaient encore une relation harmonieuse, selon lui, jusqu’à tout récemment. Il affirme que cette femme a téléphoné à plusieurs de ses anciennes conjointes, au cours des derniers jours.

« J’ai de belles entreprises, une belle famille, un couple heureux, aujourd’hui. Est-ce que j’ai envie de passer les prochains mois, les prochaines années dans une atmosphère aussi adverse? La réponse est non. »